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  • Manon

Ocres et terres, du sol au papier. Partie1 (fr)



Qu'est-ce que l'ocre ?


L'ocre est le plus ancien pigment jamais utilisé, depuis la préhistoire il servait aux hommes à dessiner sur les parois des cavernes. On en retrouve encore les vestiges aujourd'hui, dans la caverne aux mains en Argentine ou dans les Grottes de Lascaux en France.


Mais au cours du temps de nombreuses confusions furent faites concernant l'ocre car il était difficile de la définir. en effet cela ne correspondait d'abord pas à un terme minéralogique et de nombreuses terres colorées étaient appelées « ocres » . Ainsi on trouvait sous ce nom de vraies ocres bien sûr mais aussi parfois d'autres minéraux comme la malachite ou l'azurite et parfois même du graphite . Ou a contrario les couleurs pouvaient être nommées par rapport à leur teinte plutôt que leur pigment d'origine. Ainsi il arrivait que l'on appelle « ocre rouge » le vermillon de mercure et inversement « vermillon » l'ocre rouge.


On retrouve des gisement d'ocres dans de nombreuses régions du monde, bien que beaucoup ne soient pas ou plus exploitées de nos jours, car les ocres d'excellentes qualités sont rares. Pourtant toutes sont intéressantes car elles présentent des caractéristiques propres à chaque gisement, à chaque veine ainsi la gamme colorée qu'elles peuvent procurer est immense.


Les ocres jaunes sont d’avantages présentes à l'état naturelle, avec une grande variété de teintes. En effet pour que l'ocre devienne rouge il est nécessaire qu'elle se soit oxydée par cuisson/chaleur (la couleur commence à changer lorsque l'ocre est exposée à des températures à partir de 250°C environ) . On peut citer en exemple les terres de Pouzolles, qui contiennent de l'ocre et qui sont d'origine volcanique.

Au niveau de la classification dans le Color Index les ocres jaunes et rouges sont présentent toutes les deux sous le n°77492 comme pigment Yellow 43 et Red 102. Elles peuvent être ensuite qualifiées par des lettres , par exemple :


sol de carrière d'ocre non exploité de nos jours

J : Jaune

R: Rouge

C : Commun

L : Lavé

S: Surfin

etc.


Aujourd'hui l'ocre est définie comme étant une terre argileuse colorée par l'oxyde de fer même si une certaine confusion avec l'hématite terreuse ou la limonite peut être observée et largement tolérée.


Sa couleur jaune proviendrait donc de la goethite contenue dans le pigment, la couleur rouge: de l'hématite et la couleur brune: de la limonite. Il peut arriver que certaines ocres brunes soient en fait des ocres jaunes contenant des « impuretés » chromogènes comme des oxydes de manganèse, du carbone ou d'autres impuretés issues de matières organiques.

Ce sont ces matières qui leur donnent leurs couleurs mais, cette matière dite « colorée », ne représente que 25 % en moyenne de la composition de l'ocre. La plus grande partie étant en fait constituée de minéraux non colorés : argile, quartz, parfois des dérivés de calcium ou de magnésium ou encore de l'alumine.

Selon la zone d'extraction certaines ocres présentent des caractéristiques inédites. Ainsi on a pu révéler que quelques ocres anglaises pouvaient contenir jusqu'à 4 % d'oxyde de cuivre.


Au delà de 25 % d'oxyde de fer on a tendance à considérer que l'on n'est plus face à une ocre mais à une « terre » même si cela n'est pas forcément représentatif de la réalité : on trouve des ocres jaunes composées jusqu'à 40 % d'oxyde de fer et des ocres rouges qui en présentent jusqu'à 65 %.

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